Avec un père athlète sénégalais de haut niveau
(sauteur en hauteur), une mère internationale de basket-ball,
capitaine de l'équipe de France (247 sélections), beaucoup diront que
la carrière de Boris était prédestinée.
Son père Issa Diaw est avocat, au barreau de Dakar. Boris grandit avec Elizabeth Riffiod, sa mère, et son frère Martin a Mont de Marsan, où Elizabeth évolue en Division 2 tout en s'occupant de l'école de basket.
Lorsqu'un poste de professeur d'EPS et de sociologie du sport, se libère à l'université de Bordeaux 3, elle saisit l'occasion et installe en famille à Pessac, sur le campus universitaire, près du Saige Park... C'est alors que Boris et Martin font leurs premiers pas sur les playgrounds de Talence et Pessac. Ils y balbutient leur basket, et y rencontrent Vincent Mbassi, figure emblématique de ce lieu, un passionné qui n'hésite pas a donner son temps libre aux jeunes.
Les années passent, les enfants grandissent et Boris change de club. Apres sa première licence a dix ans a Talence, il part à Pessac suivre Martin, puis aux JSA Bordeaux pour jouer a un meilleur niveau.
Parallèlement, il intègre le CERHN de Mont de Marsan pour allier études et sport. Il continue de venir s'amuser sur les playgrounds avec son frère et y amène ses copains. Alors qu'il a beaucoup grandi (20 cm en un an) et évolue dorénavant en cadets-France, il intègre dans la continuité le CREPS de Toulouse. Ses entraînements quotidiens et son expérience en club font qu'il est alors remarqué par Lucien Legrand, qui lui demande de rejoindre l'INSEP.
Il rejoint en 1999 le pole français du basket-ball. Il y rencontre Tony Parker et Ronny Turiaf et se lient a eux d'une amitié forte. Les minutes sur le terrain valent alors de l'or et Boris s'en sort à merveille ; les clubs pros français et les universités américaines s'intéressent a lui. Au lendemain de sa réussite au baccalauréat avec mention, mais aussi d'un titre de champion d'Europe avec l'équipe de France junior dirigée par Pierre Vincent, il débute sa carrière pro a Pau. La confiance d'un entraîneur, Claude Bergeaud et d'un président, Pierre Seillant, jouant alors la carte de la jeunesse, lui permet de remporter un titre de champion de France dès la première année. Il passe trois ans à Pau, s'aguerrissant au plus haut niveau, que ce soit en Euroligue, ou en équipe de France. En 2002, il remporte une médaille de bronze en tant que capitaine et meneur de jeu, avec l'équipe de France des -20 ans en Lituanie.2003, l'année fantastique où il remporte tous les titres possibles en France et est élu meilleur joueur français par ses pairs, Boris se décide enfin à poser sa candidature pour la NBA. Il est choisi en 21eme position par les Atlanta Hawks et devient un pilier de l'équipe de France.
Ses deux premières années en NBA sont très encourageantes puisque souvent il intègre le cinq de départ. Lors de l'été 2005, Boris est transféré aux Suns de Phoenix, meilleur équipe de la saison régulière 2004-2005, défait en finale de conférence par les San Antonio Spurs de Tony Parker. Il retrouve à Phoenix le MVP de la saison régulière 2004-2005, Steve Nash.
Une place au soleil
Son transfert aux Suns dépasse toutes les espérances. Sous la houlette de Mike D'Antoni, Boris améliore spectaculairement ses statistiques
Avec : 13.5 points à 52% d'adresse, 6,9 rebonds et 6 passes décisives par match après 76 rencontres. Boris réussit surtout à faire sa place dans le cinq de départ d'une des franchises candidates au titre NBA.
Le 31 janvier 2006, Boris devient le premier français à réaliser un triple-double en NBA face aux Philadelphia Sixers (victoire des Suns 123-99). Il marque 14 points, délivre 13 passes décisives et cape 11 rebonds,en 39 minutes. Le nouveau joyau des Suns rééditera cette performance à quatre reprise au cours de la saison régulière. C'est logiquement que Boris reçoit à la fin de la saison le titre honorifique de Most Improved Player (joueur ayant le plus progressé)
Auteur de playoffs remarquables, Boris arrive à faire oublier l'absence d'Amare Stoudemire, troisième meilleur marqueur de la NBA la saison précédente et blessé pour la saison 2005-2006. Avant le Game 2 de la finale de Conférence Ouest face à Dallas, « Bobo » présente des stats exceptionnelles pour ses premiers playoffs : 17,5 points par match, 5,9 rebonds, 5,8 passes décisives et surtout 53,3% de réussite au tir. A la fin de la finale, il est même le meilleur marqueur de la série (devant le double MVP Steve Nash et Shawn Marion, aussi prétendant au titre de MVP 2006) avec 24,8 points de moyenne à un peu plus de 50 % de réussite. Malgré tous ses efforts, Phoenix échoue aux portes de la finale en s'inclinant 4-2.
Capitaine Diaw
Médaillée de bronze en 2005 aux Championnats d'Europe, l'équipe de France a gagné son billet pour les Championnats du monde au Japon. Quarante ans que la France attendait cela.
Antoine Rigaudeau à la retraite, Claude Bergeaud confie le brassard de capitaine à Boris Diaw. La compétition n'a pas encore commencé que Boris doit remobiliser les troupes. En effet, à deux jours du premier match contre l'Argentine, Tony Parker annonce officiellement son forfait. Les Bleus devront se passer du meneur de jeu des Spurs, victime d'une fracture à un doigt.
L'objectif des Bleus au 1er tour est d'accrocher une des deux premières places. Battus logiquement par l'Argentine sans avoir démérité, les coéquipiers de Boris réagissent dès le lendemain en disposant de la Serbie. Ce qui s'annonce comme une formalité tourne au cauchemar. Vainqueur du Nigéria, la France se fait surprendre à la surprise générale par le Liban. « Je pense qu'on avait trop confiance. On pensait qu'il suffisait de se présenter sur le parquet pour gagner le match. Le problème, c'est qu'à ce niveau là, dans un championnat du monde, on ne peut pas se permettre de jouer en dessous de son niveau » analyse Boris. Les Français n'ont désormais plus le droit à l'erreur. La victoire face au Venezuela est impérative, ce qui est chose faite avec la manière.
Plus qu'un match à gagner et la France disputera les quarts de finale, l'objectif avoué avant le début des Championnats du monde. Face à l'Angola, meilleure équipe africaine du moment, la France fait la course la tête. Malgré quelques frayeurs dans les dernières minutes, les Bleus l'emportent et se donnent la possibilité de prendre leur revanche de l'Euro face aux Grecs. Le match ? Il n'y en aura pas. « On a raté quelques paniers faciles. Ils nous ont fait déjouer, ils ont réussi à nous faire sortir de notre rythme. La Grèce est plus forte que l'année dernière puisqu'ils ont un an de plus en commun. Il faut donc accepter cette défaite. Les regrets ne servent à rien » analyse Boris après la rencontre.
Eliminée, la France doit encore disputer les matchs de classement. Boris, en bon capitaine, pousse ses coéquipiers à ne rien lâcher. Vainqueurs de l'Allemagne et de la Turquie, les Français terminent finalement à une très belle cinquième place. « C'est un très bon résultat pour cette équipe de France. A part face au Liban où nous réalisons un non match, on perd contre la Grèce qui est en finale de ces Championnats du monde et contre l'Argentine, demi-finale de cette compétition. On n'a donc pas grand-chose à se reprocher » se félicite Boris.
Difficile à avaler
La saison débute de la plus belle des manières pour « 3 D ». A dix jours du lancement de la saison régulière, Phoenix et Boris annoncent leur union pour les cinq prochaines années.
Montant du contrat : 45 millions de dollars. « Ce n'est pas du soulagement que je ressens mais de la joie. Mon souhait était de rester à Phoenix. C'est un club dans lequel je suis heureux. J'ai vécu une très belle première année grâce à Mike D'Antoni et tout le reste du staff. Je n'oublie pas non plus les joueurs qui m'ont très bien accueilli. Je ne pouvais pas espérer mieux. C'est la plus belle chose qui pouvait m'arriver. Maintenant, je suis un Suns pour de longues années » analyse Boris.
A l'image de son équipe, Boris connaît une entrée en matière poussive. Les défaites s'enchaînent mais le moral reste au beau fixe. En effet, Amare Stoudemire, absent la saison précédente, retrouve petit à petit son meilleur niveau. Le cinq majeur met un mois pour retrouver ses automatismes avant de décoller. Phoenix devient alors inarrêtable. La lutte pour la première place de la Conférence Ouest avec Dallas bat son plein. Avec dix-sept victoires consécutives, Phoenix bat le record de la franchise (quinze victoires). Les Suns talonnent les Mavericks jusqu'à la fin de la saison régulière pour finalement terminer deuxièmes. De son côté, Boris souffre en cette fin de saison. Un dos capricieux l'empêche de s'exprimer pleinement depuis le mois de février.
Le 1er tour des play-offs tournent à l'avantage des Suns face aux Lakers. L'affaire est pliée en cinq matchs. Le choc que tout le monde attend a donc lieu. Phoenix retrouve San Antonio pour un duel de style. L'attaque contre la défense. « Ca va être très difficile analyse Boris. San Antonio est très fort, très solide. C'est une équipe qui a l'expérience des play-offs. Ils évoluent ensemble depuis pratiquement cinq ans. Ce qui est positif, c'est que nous bénéficions de l'avantage du terrain. Nous nous sommes battus tout au long de l'année pour finir devant San Antonio. Nous allons donc essayer d'en profiter au maximum. »
Malheureusement, les Spurs frappent d'entrée et s'imposent face à Phoenix (111-106), privé de Steve Nash à 3 minutes de la fin du match après un choc avec Tony Parker. Malgré le succès dans le Game 2, tout est à refaire pour les Suns, qui se retrouvent dans l'obligation de remporter au moins un match à San Antonio pour reprendre l'avantage du terrain. Les hommes de Mike d'Antoni ratent le coche dans le Game 3 et n'ont plus qu'une chance devant eux avant de retourner dans l'Arizona. Cette fois, Phoenix ne laisse pas passer l'occasion. Malmenés une bonne partie de la rencontre, Nash et sa bande remontent un handicap de 10 points dans le dernier quart-temps avant de l'emporter. Frustré, Robert Horry disjoncte à 28s de la fin du match en envoyant d'un coup d'épaule Steve Nash en dehors des limites du terrain. L'agression de Horry se retourne contre les Suns. Pour avoir franchi la ligne de touche alors qu'ils n'étaient pas sur le parquet à la suite de la faute de Robert Horry, Stoudemire et Boris apprennent 24h plus tard leur suspension pour le Game 5. Privés de deux joueurs majeurs, les Suns ne s'en relèveront pas. San Antonio finit le travail en remportant les deux derniers matchs. Le rêve est passé pour Phoenix de remporter le premier titre NBA de son histoire.
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